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Le dernier baromètre Ipsos/Edenred 2012 portant sur le bien-être au travail et la motivation des salariés français, confirme les difficultés des entreprises à susciter l'engagement de leurs collaborateurs. Outre la morosité du contexte économique et de l'emploi, il s'avère que le manque de reconnaissance est la cause principale du désengagement des salariés.


Engager ses collaborateurs, un enjeu majeur pour les entreprises françaises
Les salariés français sont heureux, mais peu engagés

Pour sa sixième édition, le baromètre Ipsos/Edenred confirme la tendance des années précédentes : le faible engagement des salariés du privé comme du public. Les Français sont en effet les plus démotivés d'Europe. En effet, 40 % de ceux ayant répondu à l'enquête expriment une forte démotivation. Pourtant, ces deniers ne sont pas les plus malheureux, et c'est même une majorité d'entre eux (86 %) qui déclarent être heureux dans leur travail. Toujours est-il que l'engagement n’est pas présent et que le contexte économique accentue cette tendance. Le taux de chômage en constante progression et la crise engendrent la peur de perdre son emploi. Même, les cadres ne sont plus à l'abri d'un licenciement dans ce contexte de crise. En effet, la morosité qui règne fait courir le risque de faillite à toutes les entreprises. Mais devant l’insécurité de l'emploi, et même devant les préoccupations de revenu, c’est d’un manque de reconnaissance dont les Français se plaignent le plus. En sachant que l’engagement est un levier de productivité, il convient de porter attention à ce problème.

Les salariés ont besoin de reconnaissance

Le mal de reconnaissance est un phénomène qui s'amplifie, touchant désormais les cadres supérieurs. Il s’exprime par rapport au temps passé au travail. En effet, 42 % des cadres supérieurs français estiment leur niveau de stress à huit sur une échelle de 10. Un stress induit par cette même absence de gratitude. Ainsi, entre le caractère laborieux des tâches, le temps passé au travail et l'anxiété due à la morosité liée au contexte de crise, les salariés ne se sentent pas récompensés à leur juste valeur. Et ce n'est pas de prime ou d'autres récompenses financières dont on parle, mais bel et bien de reconnaissance plus simple, comme des remises de diplômes ou des remerciements clamés haut et fort par les supérieurs. En outre, ce manque est identifié comme un facteur déterminant en matière de risque psychosocial. C’est la raison pour laquelle il convient de comprendre pourquoi les managers n'ont toujours pas mis en place des « politiques de reconnaissance ».

Les croyances des managers

Étant donné le lien entre manque de motivation et baisse de productivité, les managers devraient se dépêcher de laisser tomber leurs mauvaises croyances. Parmi ces croyances, l'on observe par exemple qu'il est acquis que le remerciement est systématiquement accompagné d'une demande d'augmentation. Certains managers pensent ainsi que le fait de féliciter un employé pour son travail fera entendre à ce dernier qu'il mérite d'être mieux payé. Ainsi, derrière les félicitations se cache la peur de devoir négocier des salaires. Alors, comment engager des salariés sans jamais les féliciter ? Il faut bien entendu s'attendre à ce que certains demandent une augmentation, mais un merci est toujours encourageant pour la productivité globale. Ne pas s'arrêter aux croyances relève donc de la volonté des managers qui ont beaucoup plus à tirer d'une équipe engagée dans son travail.