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Ethique et responsabilité




Distinguer un vrai d’un faux camembert. L’AOP (Appellation d’Origine Protégée) est bien là pour protéger le camembert de Normandie. Et pourtant les apparences sont trompeuses. L’association de Défense de l’Appellation camembert a décidé d’attaquer les marques qui abusent de l’étiquetage.


Guerre du camembert
Vrai camembert

Ce n’est pas forcément à l’odorat que vous reconnaîtrez un authentique camembert. Le cahier des charges pour mériter l’AOC camembert de Normandie reste très contraignant et très précis.
La zone géographique de réalisation du camembert est répertoriée. Ces parcelles identifiées ne sont finalement pas très grandes. La fabrication doit d’effectuer dans les règles de l’art avec du lait de vaches normandes de Normandie. Le fromage est moulé à la louche.

Alors, quand vous regardez les étiquettes avec un camembert de Normandie AOP, il n’y a pas besoin de lire qu’il est moulé à la louche, puisque c’est obligatoire.

Des abus qui provoquent la guerre

Sur un même étalage, vous pourrez constater des camemberts aux prix plus ou moins fluctuants, entre 1,5€ et 6-10€. Pour certains, dans une même gamme de prix, les AOC ne se distinguent pas vraiment d’un non AOC avec les mentions « moulé à la louche » et « Fabriqué en Normandie ». En effet, le lait qui sert à la production peut très bien venir d’Europe de l’Est ou même de plus loin : la Chine. La fromagerie Isigny Sainte Mère est aujourd’hui en partie à capitaux chinois (selon Challenges mars 2013).

Le camembert Président, est fabriqué en Croatie, tout en revêtant l’étiquetage « camembert de Normandie ». Et c’est bien ce qui met en colère l’association de défense de l’AOC. Le 31 décembre 2013, ces derniers ont assigné de grands noms (Lactalis, Bongrain, Isigny-Sainte-Mère) afin de retirer « fabriqué en Normandie ».
L’étiquetage serait trompeur, et pourtant devant la multitude de boîtes à camembert dans le supermarché, le client pourrait se faire facilement piéger. « Cette mention est illégale », rétorque avec véhémence Patrick Mercier, le Président de l’association de défense de l’AOC.

Concurrence déloyale

Le coût de fabrication d’un AOP reste bien plus élevé qu’un camembert avec du lait non normand ou fabriqué hors de la région. Et pourtant, les prix pratiqués sont tout aussi importants. La marge n’est donc pas tout à fait la même.
Sans protection, les fromagers artisans qui fabriquent presque exclusivement de l’AOP (Graindorge, Gillot, Reo, Jort, …) pourraient donc fermer. Le camembert serait donc un produit à protéger comme dans l’industrie du luxe ? Le fonctionnement est identique en termes de protection.

crédit photo : Fromageries de Livarot Graindorge

Tout porte à croire que le bon vieux camembert qui fait partie des clichés de la France pour un étranger devrait redorer sa boîte pour que le consommateur puisse faire le choix sans être trompé dans sa décision.

Cité dans cet article : AOP camembert confiance