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Les investissements directs étrangers (IDE) ont chuté de 77% l’année dernière selon le CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le Commerce Et le Développement). De quoi s’alarmer ou passage à vide ponctuel ?


La France n’attire plus les capitaux étrangers
Va ouvrir ton entreprise ailleurs !

Au détour d’un cocktail de vœux d’entrepreneurs multinationaux dans un salon feutré, nious avons pu entendre une confidence qui en dit long. Un ami français conseille à un étranger d’ouvrir son entreprise non pas en France, mais ailleurs : en Angleterre, en Autriche ou au Luxembourg. Les dispositifs fiscaux sont faciles à comprendre et relativement « légers ». La France reste un des pays les plus imposés du monde, ce qui ne plaide pas en sa faveur pour non seulement attirer des investissements étrangers mais aussi ouvrir de nouvelles entreprises. Par ailleurs, les lourdeurs administratives sont bien présentes, entre URSSAF, trésorerie des impôts, chambre de commerce, comptables, ou encore protection sociale qui empêchent le dirigeant d’effectuer son travail convenablement, accaparé par des démarches qui n’en finissent pas. Alors, que répondre à un conseil aussi déroutant ?

Opposition de phase pour la France

Les investissements sont tombés à 4.1 milliards d’euros en 2013 (53.2 milliards en 2012). Et pourtant, l’Europe est en hausse de 38% de ses IDE sur la même période. Les IDE de l’Allemagne ont été augmentés de 400% !
L’environnement est favorable dans les pays à la fiscalité accueillante. C’est ainsi que les Pays Bas, la Belgique, le Luxembourg et l’Irlande sont les pays de l’Union Européenne qui ont accueilli le plus d’IDE (hausse de plus de 100 milliards à eux quatre). La France est donc bien ridicule.

Des signes restent tout de même porteurs, comme l’industrie des tracteurs. L’Allemand CLAAS possède son siège « tracteurs » dans les Yvelines. Massey-Ferguson a inauguré sa nouvelle usine en Picardie en fin de l’année dernière, et le nippon Kubota souhaite également investir 40 millions d’euros dans une nouvelle usine dans la région Nord-Pas de Calais, en proximité de Valenciennes.

Un accueil austère

François Hollande a indiqué lors de sa conférence de presse du 17 janvier 2014, « si vous connaissez des entreprises qui hésitent entre plusieurs pays, je vous fais confiance pour dire que c’est en France qu’il faut venir ». Oui, mais avec quels avantages différenciant ? Certainement pas celui de la fiscalité et encore moins celui de l’accueil. Rien n’est fait pour simplifier les démarches des investisseurs étrangers, que ce soit administrativement que compétitivement parlant.

Peut-être pourrions-nous prendre exemple sur l’Autriche qui dispose d’une fiscalité attractive, d’aides non négligeables pour s’installer, et d’un service commercial bien rôdé. Martina Hölbling est la responsable de l’agence ABA, à savoir « investir en Autriche ». Tout est fait commercialement pour attirer les investisseurs, même français. Chaque mois, un petit déjeuner est organisé à l’ambassade d’Autriche à Paris pour renseigner des avantages. Alors, qu’attend la France pour faire de même et décider de manière offensive ?