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Des machines et des hommes




La SNCF qui a principalement misé sur le TGV fait face à une crise de fréquentation de son train phare, qui fait plonger la branche voyages dans le rouge.


Le TGV perd de la vitesse
Machine à cash en difficulté

Le chiffre d’affaires de la branche voyage a accusé un retrait de 1.4% soit environ 6.8 milliards d’euros. Les trains ne sont pas toujours bien remplis et encore moins complets.

Pourtant, la marge opérationnelle a quelque peu augmenté, en augmentant de 0.2 points pour s’établir à 8.7%. Certes, la marge reste pour une industrie des services tout à fait confortable. L’augmentation positive de la marge vient du fait de la mise en place massive du CICE (Crédit Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi).

L’entreprise vire au rouge par une décision qui s’explique au niveau comptable. Les forts montants d’investissements et d’amortissements n’ont pas été réévalués à la baisse volontairement afin de ne pas endetter davantage l’entreprise. Alors, le bénéfice tourne au rouge pour établir une perte nette de 180 millions d’euros. Il est intéressant de rappeler que l’année 2012, le bénéfice s’élevait à 376 millions d’euros.

Le chiffre d’affaires global s’élève à plus de 32 milliards d’euros, avec une progression de 0.5 points par rapport à 2012, alors que l’objectif était d’atteindre 2.5 points.
Si le problème de baisse de fréquentation persiste, il faudra sans doute agir, de manière plus ou moins brutale l’année prochaine.

Hausse des coûts

Les coûts liés à l’infrastructure sont élevés, notamment la facturation des droits de péages auprès du gestionnaire, qui ont bondi de 3.1%. Or ce type d’augmentation s’avère récurrent et sur plusieurs années ces centres de coûts représentent une grosse part des dépenses.
De ce fait, la compagnie ferroviaire s’est décidée à entreprendre une nouvelle phase très offensive d’amélioration de la performance par la maîtrise des coûts, la recherche d’économies. En 2013, la SNCF avait déjà réalisé des économies de frais généraux de l’ordre de 225 millions d’euros. En 2014, la SNCF prévoit 350 millions d’économies.

Cependant, le pressage de citron ne peut pas s’effectuer indéfiniment. Pour le moment, la Direction appuie de plus en plus fort. Il faudra trouver d’autres axes d’amélioration de la performance, car il est fort à parier que les branches les plus rentables voient leurs performances s’effriter. En effet, la branche Infra (branche des travaux d’amélioration du réseau) tout comme l’activité Proximités (transports urbains et interurbains) sont très fortement subventionnés. Et en période de vache maigre, les subventions risquent de ne plus être reconduites ou ne tous les cas beaucoup moins d’année en année.

Evolution de la clientèle

Avec les moyens de communication modernes, la clientèle d’affaire se déplace moins, préférant les visio ou téléconférences. Les clients sont séduits par les prix très attractifs de l’avion, ou même du co-voiturage. Alors, la SNCF a décidé de partir en croisade vers les petits prix pour maintenir un taux d’occupation des sièges « acceptable ».

De ce fait, les marges seront encore rognées avec un chiffre d’affaires qui risque de baisser malgré un levier volume positif théoriquement. Peut-être que les TGV rouleront moins vite pour faire des économies (énergie, maintenance,…), en tous les cas, pour les voyageurs, le ralentissement a déjà commencé.

Cité dans cet article : crise performance SNCF stratégie TGV