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Organisation et ressources humaines




Les turnover élevés, qui étaient jusqu’à présent réservés aux sociétés de services en ingénierie ou en informatique, et très connues pour le plus grand nombre par le « body shopping », touchent dorénavant des entreprises plus traditionnelles. S’agit-il d’un effet de crise ou de dépoussiérage d’effectifs considérés « has been » ?


Les gros turnover : c’est maintenant
Ce que l’on entend par « body shopping » comme son nom l’indique s’avère de commercialiser des personnes pour une prestation. Naturellement, ce type de Société a tendance à recruter de jeunes diplômés avec la tête bien faite et qui regorgent d’énergie pour effectuer des prestations plus ou moins spécialisées afin de leur enlever une épine du pied. Ainsi, le consultant, bien que junior est accueilli les bras ouverts comme le messie. Et compte-tenu des potentialités du marché, ces jeunes talents fabriquent leur Curriculum Vitae en début de carrière pour aller voir ailleurs, et bien souvent chez le client de leur employeur pour obtenir une situation plus stable. Il est donc normal d’observer de gros mouvements de salariés dans ce type d’entreprises. Les dinosaures qui restent sont voués à encadrer ces jeunes recrues pleines d’espoir, tout en connaissant très bien les contraintes du « body shopping » pour l’avoir eux-mêmes vécus et pour être experts dans leur secteur d’activité au bout de plus de quinze années d’expérience.

L’observation de gros mouvements de salariés depuis quelques mois, issus grandes Sociétés cotées comme Société Générale, s’avère tout à fait inattendue. Le monde de la finance semble touché. Les profits, pourtant, grandissent d’année en année. Et sans doute pas assez. En ces périodes de crise, ces types de multinationales n’arrivent pas à booster leurs chiffres d’affaires. Malgré la réduction des coûts et les plans de performances successifs, la pente exponentielle prévue se résume à une pente linéaire de base. Alors, Société Générale a l’intention de supprimer 400 CDI en France dans la division banque de gestion d’ici deux années et en contrepartie ouvrir 250 postes en Inde (source les Echos du 7 novembre 2013).

Dans le même chemin, Natixis prévoit de supprimer 700 postes en France sur trois ans (source Le Monde du 8 novembre 2013) pour restructurer une partie de son activité. Il en est de même avec le Groupe Crédit Agricole qui a eu recours à un plan de départ volontaire à la CACIB (Credit Agricole Credit Investment Bank) tout en renforçant ses équipes dans la banque de détail.
Et l’industrie n’est pas épargnée, notamment avec GDF Suez qui a énormément communiqué en ce qui concerne un vaste plan de recrutement dans toutes ses filières dénommé « rencontres de l’emploi » et qui a eu lieu le 12 octobre 2013. D’un autre côté, les employés proches de l’âge de la retraite sont poussés très aimablement vers la porte de sortie en départ anticipé, et selon l’état de la négociation avec une mallette.

S’agit-il d’un changement d’image volontaire en dépoussiérant les effectifs considérés comme dépassés. Il semble difficile de la savoir. Toutefois, la crise dicte ses conditions en efforçant de réduire la masse salariale chère pour la remplacer par du personnel tout aussi qualifié mais souvant moins expérimenté, et donc moins coûteux. Dans ce cadre, les économies d’échelle ne sont pas loin. Toujours est-il que les mouvements de salariés se sont démocratisés, et favorisent une précarité de l’emploi. Il n’est pas certain qu’à long terme, la perte d’experts dans ce contexte, augmente la performance de l’entreprise.

Cité dans cet article : emploi management performance travail