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L’article 21 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne interdit toute discrimination, notamment celle fondée sur l'âge. Pourtant, les inégalités liées à l’âge font aujourd’hui polémique, tant elles ont été laissées de côté.


Les inégalités intergénérationnelles se creusent
L’âge peut être discriminant

Les problèmes qui provoquent actuellement de nombreux débats sur les inégalités se basent sur les différences de classe sociale, en fonction du revenu et du patrimoine. Pourtant, les inégalités entre générations devraient être au cœur du débat. En effet, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon l’Insee en 2008, 19 % des personnes âgées de 20 à 39 ans sont touchées par le chômage contre 3,4 % chez les 40-59 ans. 9,9 % des 20-29 ans sont pauvres alors que les difficultés financières ne concernent que 3,7 % des 60-69 ans. 17,8 % des 20-39 ans réservent une part conséquente de leur budget au logement tandis que seulement 4,6 % des personnes âgées de plus de 60 ans y consacrent une grande partie de leur revenu. En résumé, on constate une différence de conditions de vie selon l’âge, les jeunes étant les plus touchés. Les explications de ces inégalités sont nombreuses pour ne citer que le progrès général, la conjoncture économique et sociale et les politiques des collectivités.

Trois générations, trois conditions de vie différentes

Les personnes nées avant la fin des années 40 ont connu un net progrès en termes de niveau de vie : accès à l'éducation et à d’excellentes conditions économiques, facilitant leur entrée sur le marché du travail, accès facilité aux crédits et à la propriété. Puis ce contexte se détériore et laisse place à une situation chaotique dans laquelle ont baigné les générations des années 1950 et 1960 qui ont connu plusieurs crises économiques, notamment les deux chocs pétroliers, au début des années 1980 et au milieu des années 1990. Les générations actuelles quant à elles, ont d’abord connu une période de croissance jusqu’en 2008 où la crise financière éclate. Il n’empêche que cette génération bénéficie de meilleures conditions de vie, que les générations précédentes au même âge : taux d'intérêt faibles, facilité d'accès au statut de propriétaire et ce, en dépit de la hausse des prix de l'immobilier, et ainsi de suite.

Inégalités intergénérationnelles et égalité des chances

Dans son livre « Le destin des générations », Louis Chauvel étudie en détail ces inégalités et leur attribue des explications sociales, culturelles, historiques et économiques. Toutefois, beaucoup sont convaincus de l’inexistence de ces inégalités intergénérationnelles. Dans un article publié sur le site de l’Observatoire français des Conjonctures économiques, l’économiste Guillaume Allègre fustige cette théorie, dans la mesure où elle occulte les inégalités intragénérationnelles. Ainsi, selon lui, l’ensemble des jeunes ne rencontre pas les mêmes difficultés au moment d’entrer dans la vie active, et l’on pourrait opter pour plus de parité. Pour lui, se pencher sur le problème des inégalités intergénérationnelles, c’est apporter un élément de réponse à la problématique de l’inégalité des chances, et non pas réduire les inégalités dues à un facteur d’âges, pas plus qu’à une classe sociale.