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Le Groupe Carrefour revient sur son passé en rachetant à Klépierre des sites qu’il avait cédé au début des années 2000. Un choix stratégique pour renforcer une dynamique dans le secteur de la grande distribution où la concurrence est très forte.


Nouvelle stratégie foncière pour Carrefour
Une opportunité que n’a pas voulu laisser passer Carrefour

Victime de difficultés financières dès les années 2000, et ce n’était pas dû au bug informatique, Carrefour a vendu une bonne partie de ses actifs. Ensuite, le Groupe a décidé de recentrer sa couverture géographique en partant de certaines zones du monde.
Klépierre à qui avait été vendus par Carrefour les murs de ses centres commerciaux a décidé de se concentrer sur les grands centres dits « mall » dans des zones actives et denses. Une grande partie des centres commerciaux acquis par Klépierre ont donc été proposés à la vente.
Aussi, n’a pas voulu laisser passer l’opportunité de rentrer dans ses murs. C’est justement ce qu’a effectué son concurrent Casino en créant sa filiale immobilière Mercyalis. Son talentueux Directeur Général Géry-Robert-Ambroix a su trouver les meilleures stratégies pour optimiser le levier de compétitivité du Groupe Casino qui allie distribution et propriété des murs.

Il s’agit en effet de sources de revenus importantes avec les loyers des galeries marchandes. Et l’autre élément important réside dans la partie attrayante et moderne des centres. En étant propriétaire, l’enseigne Casino se sent responsable de la vétusté de ses centres. C’est pourquoi le vœu de posséder des centres accueillants, modernes (ou rénovés), pratiques et propres restent un atout aussi bien commercial que financier (la valeur du bien ne fait qu’augmenter).

Pas de mise ne difficulté ou d’endettement inquiétant
Doucement, Carrefour se redresse des années noires et douloureuses qui ne sont pas si loin. Alors pour foncer vers un modèle calqué sur Casino, Georges Plassat, le P-DG de Carrefour a décidé de partager l’opportunité avec hui financiers. Carrefour reste majoritaire à 42% alors que les financiers ne dépasseront pas chacun 15%. C’est une façon de ne pas plomber les comptes par des dettes et donc de minimiser les risques.
Outre l’achat de 127 centres commerciaux, dont la plupart sont en Italie, en Espagne et 57 en France, Carrefour met dans le portefeuille de sa nouvelle structure partenariale 45 sites dont il avait conservé la propriété.

Il est certain que M. Plassat a été très bien conseillé, notamment par un des huit financiers, Colony Capital, dont l’ancien patron en France était Sébastien Bazin, aujourd’hui P-DG d’Accor, et qui vient également de réaliser la séparation immobilière et des services dans son nouvel empire.

Au final, Carrefour devrait mettre le cap vers une croissance rentable, si difficile à atteindre après des années aux résultats incertains. C’est un changement de stratégie à la fois commercial, pour attirer les clients de plus en plus versatiles dans des centres attrayants et rénovés avec goût ; mais aussi financier, avec une machine de guerre très efficace constituée par la nouvelle structure.