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Des pourparlers visant un probable rapprochement avec le britannique OneWeb ont été entamés lundi par l’opérateur français de satellites. Cette fusion aurait le mérite de dresser un nouveau géant paneuropéen qui apporterait la réplique à Starlink, le projet du milliardaire américain Elon Musk. En Bourse le projet de fusion n’est pas unanimement partagé d’autant plus que le titre précipitait ses pertes et chutait lundi de plus de 17%.


Accueil timoré en Bourse de la fusion programmée d’Eutelsat avec OneWeb dans le domaine de l’internet spatial
Dans la perspective d’un rapprochement éventuel par échange d’actions des deux sociétés, Eutelsat Communications après des rumeurs de marché persistantes, reconnait avoir entamé des négociations avec ses coactionnaires dans OneWeb. Présentement Eutelsat détient 23% du capital de OneWeb appuyé par un consortium d’investisseurs publics et privés de grande importance. Un pareil rapprochement serait qualifié de suite logique au partenariat entre Eutelsat et OneWeb entamé avec la prise de participation d’Eutelsat dans OneWeb en avril 2021 et que devait suivre l’accord de distribution mondiale rendu public en mars 2022.

Doté d’une flotte de 35 satellites positionnés à 36.000 km de la terre pour des missions de diffusions par satellites et d’internet à haut débit, Eutelsat se définit comme un vrai specialiste de l’orbite géostationnaire. Dans un souci évident de fournir de l’internet à haut débit et à faible délai de transmissions des données, ce qui permet de couvrir des besoins en forte croissance.
La societe britannique OneWeb a déjà déployé 428 satellites sur les 648 que compte son arsenal en orbite basse, à quelques centaines de kilomètres d’altitude.  

Un leader paneuropéen pour faire face à Starlink

L’objectif de ce projet de fusion, c’est de bien lotir l’ensemble dans le domaine de l’internet spatial à haut débit et desservir les régions éloignées non dotées de fibre optique pour satisfaire les exigences de la voiture connectée. Selon Eutelsat cette nouvelle entité constituerait le premier opérateur satellite multiorbite apportant des solutions intégrées GEO/LEO (géostationnaire et orbite basse) et serait véritablement positionnée pour desservir le marché de la connectivité estimé à 16 milliards de dollars à l’horizon 2030. Ce projet signifierait l’émergence d’un nouveau géant face à Starlink.

Le milliardaire américain Elon Musk de par sa constellation a déjà eu à déployer plus de la moitié des 4.408 satellites. Pour sa constellation Kuiper Jeff Bezos fondateur d’Amazon lui, compte déployer plus de 3.200 satellites. Au nom de la souveraineté, l'Union Européenne tient également à déployer sa propre constellation en orbite basse d’environ 250 satellites à compter de 2024. D’après Thierry Breton commissaire européen une telle constellation aidera à mettre fin aux « zones blanches » en Europe, à offrir des communications cryptées aux États-Unis à l’aide de technologies quantiques, de protéger les réseaux terrestres cibles de cyberattaques. La chine pour sa part, a son propre projet de constellation, Gouwang de 13.000 satellites.

Pour les actionnaires d’Eutelsat et de OneWeb c’est fifty-fifty

D’après les termes de la transaction, les actionnaires d’Eutelsat et de OneWeb profiteraient chacun de 50% des actions du groupe combiné. Ainsi c’est par échange d’actions que la transaction se fera.
Eutelsat est détenu à 20% par Bpifrance, la banque publique d’investissement de l’état français ainsi que le Fonds Stratégique de Participation (FSP) avec un flottement du reste du capital. Selon l’opérateur français, Eutelsat informera le marché en temps utile de tout nouveau développement.