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Le magazine Terra Eco analyse le marketing vert et durable de Coca-Cola et se demande si ses multiples initiatives relèvent ou non du greenwashing.


Le Coca-Cola Life est-il du buzz marketing ?
"Une bouteille 100 % végétale, un concours design durable… après la sortie de sa gamme verte, le leader mondial des sodas multiplie les initiatives pour soigner sa réputation. A tort ou à raison ?" s'interroge le magazine Terra Eco.
 
Le géant américain du soda a lancé il y a quelque temps un Coca vert, à la stévia et s'apprête à commercialiser une bouteille 100% végétale, dont "le plastique est intégralement produit à partir de canne à sucre et de déchets de l’industrie sucrière". L'objectif de la marque est de réduire le recours aux ressources fossiles et d'afficher une baisse des émissions de gaz à effet de serre.
 
Pourtant, indique Terra Eco, "en France, où les « PlantBottles » de Coca contiennent déjà 30 % de fibres végétales, les ONG redoutent l’arrivée de cette grande sœur modèle. « On craint une concurrence sur l’usage des terres. Si ces produits sont indexés sur pétrole – qui sert à fabriquer le plastique – plutôt que sur les cours des produits alimentaires, on craint que les exploitants choisissent comme débouché le plastique plutôt que l’alimentation », explique Camille Lecomte aux Amis de la Terre. « Sans compter que le type d’agriculture dont sont issus les produits de base est très gourmand en terre et en eau et peut justifier le recours à des plants OGM puisque les récoltes ne sont pas destinées à l’alimentation. » L’autre problème concerne la deuxième vie de ces bouteilles. « La majorité du plastique d’origine végétale n’a pas les mêmes propriétés que le PET , si toutes les entreprises s’y mettent, ça risque de poser des problèmes de recyclabilité », poursuit Camille Lecomte." Marcus Eriksen, fondateur de l’ONG 5 Gyres, spécialiste de la plastification des océans ajoute : « Ils utilisent simplement des plantes pour produire les mêmes polymères que l’on trouve dans d’autres plastiques. Ce qui a zéro effets sur la pollution ».
 
Fin 2014, une étude réalisée par Dynvibe qui a passé au crible un panel de 600 commentaires postés sur les réseaux sociaux a décrypté la perception des internautes français à l'égard de ce nouveau produit. Selon un article paru sur le site e-marketing.fr, il en ressort que "76 % des commentaires concernant la saveur de cette nouvelle boisson sont négatifs. Parmi ces internautes déçus, 80 % s'attendaient à un goût similaire à la version originale du Coca, et regrettent donc le goût trop prononcé de la stévia (avec parfois un arrière-goût désagréable) et son manque de gaz). Les 20 % de déçus restants semblaient s'attendre à une version différente de la boisson, à l'image du Coca-Cola Cherry par exemple. Ces clients trouvent donc la boisson trop proche de l'originale et la jugent sans intérêt, allant parfois même jusqu'à parler d'"arnaque" et de "buzz marketing"."