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Organisation et ressources humaines




72% des managers seraient favorables au télétravail, à condition de bien l'encadrer, indique une étude menée par la société de centres d'affaires Regus.


Perception et usages du télétravail
Regus a interrogé plus de 44 000 cadres et dirigeants d’entreprise dans plus de 100 pays sur leurs perceptions et usages du télétravail. Le premier fournisseur mondial d’espaces de travail flexibles met ainsi en exergue les prérequis indispensables à un télétravail efficace. Travailler à son domicile, près de chez soi ou de ses clients permet de limiter les frais de déplacement, ce qui n’est pas négligeable pour le pouvoir d’achat des salariés. Au cours des cinq dernières années, le coût des allers et retours quotidiens pour se rendre au travail a pratiquement doublé et atteint désormais 5% du salaire mensuel des travailleurs.
 
Au-delà de l’aspect financier, le télétravail présente également des atouts environnementaux. En effet, Regus a révélé que 46% des cadres et dirigeants dans le monde souhaitent voir se réduire les distances entre leur domicile et leur lieu de travail pour limiter l’impact écologique de leur activité professionnelle. En plus de diminuer l’empreinte carbone, la réduction de ces trajets permet une meilleure conciliation entre la vie privée et professionnelle : 77% des sondés indiquent qu’ils passeraient plus de temps avec leur conjoint et leur famille s’ils perdaient moins de temps dans les transports.
 
Au niveau des employeurs se pose la question du contact avec les télétravailleurs : en l’absence de règles officielles, trois quarts (75%) des cadres et dirigeants soulignent qu’une formation serait nécessaire pour aider les managers concernés à gérer efficacement leurs équipes à distance. Un échange étroit reste primordial pour 82 % d’entre eux, qui considèrent que les managers devraient s’entretenir plusieurs fois par semaine avec leurs télétravailleurs, 85 % estimant même qu’une rencontre avec le supérieur direct est indispensable une fois par mois. En complément du management, le suivi et le maintien de la productivité sont clairement des préoccupations majeures. Comment adapter les méthodes managériales « classiques » à des collaborateurs qui ne sont pas présents dans les bureaux ? Les outils technologiques apparaissent comme l’une des premières clés : 73% des cadres et dirigeants interrogés par Regus estiment que des systèmes informatiques spécifiques devraient être mis en place pour surveiller et mesurer la productivité des travailleurs à distance. Une grande majorité (87 %) va même plus loin en suggérant d’instaurer un mode de récompense davantage basé sur les résultats que sur le temps passé sur leurs missions.
 
En ce qui concerne les salariés, la priorité est donnée à leur cadre de travail. L’étude Regus alerte sur le fait que 61 % des télétravailleurs possèdent une pièce réservée au travail, mais que seuls 51 % décrivent cet espace comme un « bureau professionnel ». Cette part peut même largement chuter dans des pays comme la Chine, où seulement 43 % des sondés déclarent avoir un espace de travail à la maison. L’absence physique est un autre défi de taille, particulièrement en matière de communication et de promotion. Là encore, les outils en ligne permettent de surmonter certains obstacles. Les nouvelles technologies aident notamment les télétravailleurs à ne plus se sentir isolés et à partager plus facilement leurs documents de travail, essentiellement ceux passant par le Cloud (85%). 71 % des sondés japonais pensent d’ailleurs que le télétravail contribue à l’essor des applications Cloud. L’objectif : permettre à ces salariés de ne pas se faire « oublier » de leurs pairs, en restant toujours disponibles, connectés et réactifs.
 
En France, le sujet du travail à distance est au cœur des préoccupations, à l’image du « Plan national de déploiement du télétravail » lancé récemment par le gouvernement. Les réponses des cadres dirigeants français à l’étude Regus permettent de dégager de premières tendances.
  • Les villes françaises où les trajets domicile-travail représentent la plus grande part des revenus mensuels des cadres et dirigeants interrogés sont Lille, Toulouse et Strasbourg, avec 7 % ;
  • 68 % des sondés français pensent que la majorité des entreprises favorisant le télétravail ne souscrivent pas aux assurances adéquates pour couvrir les bureaux au domicile de leurs salariés ;
  • 75 % pensent que les entreprises qui privilégient le télétravail ignorent qu’elles sont tenues d’adhérer à des normes de santé et de sécurité ;
  • 66 % de ceux disposant d’un bureau à domicile affirment que leur employeur n’a pas contribué aux frais d’équipement ;
  • 86 % penchent pour une reconnaissance des télétravailleurs davantage basée sur leurs résultats que sur le temps passé, alors qu’ils ne sont que 69 % à plaider en faveur des outils de mesure de la productivité.