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Ce 3 janvier 2013 sera examiné un projet de loi portant sur la sécurité maritime des embarcations sous pavillon français. Une sécurité en plus pour des dépenses en plus.


Projet de piège en haute mer pour les pirates des mers
Des zones à hauts risques

Les armateurs qui ont vu leur business grandir ces dernières années avec l’effet mondialisation doivent impérativement prendre des routes où la sécurité est un vrai casse-tête.

Par exemple, pour revenir de Chine, principal pays de délocalisation pour la production des biens courants, il n’est pas rare de traverser environ trois détroits sensibles (Ormuz, Malacca, Bab el-Mandab), là où la mer certes calme a tout lieu d’être agitée par des pirates qui sèment le trouble.

Alors pour sécuriser la cargaison, le police maritime et le GIGN répondent présents. Environ 150 militaires sont déployés de manière permanente pour aider les transporteurs et autres bateaux, qu’ils soient de plaisance ou de croisière. Au-delà des marchandises, c’est la sécurité des personnes qui est également engagée. L’histoire du Tribal Kat en est une illustration. A l’automne 2011, des pirates ont envahi ce catamaran français de plaisance au large du Yémen. Un navigateur français a été jeté par-dessus le bord. Il en est mort. Les autres membres du bateau ont été secourus par la Marine Nationale.

Bien que la présence militaire soit importante, elle ne répond en moyenne qu’à peine aux trois-quarts des demandes. Et c’est la raison pour laquelle les armateurs ont demandé d’embarquer des agents de sécurité à bord des bateaux de transport de marchandises. Déjà, les équipes militaires françaises ont recours à des Sociétés privées sont sollicitées pour renforcer les équipes militaires. Même si le besoin est grandissant, et que l’Etat français tente de répondre à la demande, les zones à risque sont toujours les mêmes : la Mer Rouge, le Golfe d’Aden, le Détroit de Malacca, Ormuz.

Un coût supplémentaire pour une délégation de service public orchestrée

Certes, avec des entreprises privées assurant la sécurité des navires, toutes les conditions sont réunies pour permettre à la marchandise d’arriver à bon port et dans les temps impartis. Cependant, il s’agit d’une charge supplémentaire que l’armateur ou le plaisancier devra régler.

Le passage par la route du pôle Nord devrait sans doute s’intensifier pour des raisons de coûts et de délais. Hélas, ce n’est pas cette route qui va sauvegarder le patrimoine naturel. La question est sans doute difficile à trancher aussi bien pour les armateurs que pour les politiques : assumer une augmentation des coûts pour une route sécurisée ou bien abîmer une zone naturelle encore vierge…

Le fait d’avoir recours à des entreprises privées pour contrer les pirates va aussi permettre d’éviter une augmentation des coûts pour le Ministère de la Défense. Ce n’est pas l’Etat qui va payer, mais les armateurs ou les plaisanciers. C’est sans doute une économie supplémentaire, qui ne fera qu’affaiblir l’importance de l’armée française dans ces zones.

Cité dans cet article : Armateur Mer Militaire Pirate