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Total ne veut pas être "le bouc émissaire" de la transition vers l’écologie

Dans une interview accordée à Reuters, Patrick Pouyanné, le PDG de Total, a estimé que " les gouvernements du monde entier devraient prendre des mesures fortes en faveur de la réduction de la consommation de combustibles fossiles et les consommateurs devraient être prêts à payer davantage au lieu de faire des compagnies pétrolières les «boucs émissaires» ".
 
Tous responsables...

Le numéro 1 du géant pétrolier français considère que les producteurs de pétrole ne devraient pas être les seuls à être indexés, comme uniques fautifs et responsables de ce monde aux consommations énergétiques hautement carbonées et non viables.
En atteste sa position catégorique sur le sujet: " Bizarrement, le débat tourne autour de l’offre, il devrait plutôt se faire sur la demande (....). Les gens ne consomment pas de pétrole parce que nous produisons du pétrole, ils consomment à cause des systèmes existants (...). Aujourd’hui, les moteurs des voitures consomment de l’huile. Si demain les constructeurs automobiles décident que la plupart des voitures sont électriques, la demande disparaîtra”.
 
Il a aussi soulevé la question du coût de la transition  écologique. Selon lui le consommateur devra aussi s'attendre à supporter ce coût. "Etes-vous prêts à payer plus? Les biocarburants sont plus chers que le pétrole. On ne peut pas faire la transition écologique avec l’idée que cela ne coûtera rien à personne. Cela coûtera.", a-t-il annoncé.
Rappelons d'ailleurs que depuis qu'il est à la tête de Total, Pouyanné a engagé Total dans une politique de réductions des gaz à effet de serre (GES) en s'orientant vers des investissements plus responsables (énergies renouvelables et gaz). Néanmoins ces détracteurs jugent l'effort insuffisant pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris.
 
La transition énergétique se fera lentement...
 
D'ici 2040, Total veut aller vers des activités davantage "propres". Ainsi le pétrole représentera 30% avec les biocarburants, le gaz qui est moins émetteur en GES que le pétrole représentera 50% et l'électricité 20%.
"Nous ne voulons pas nous éloigner du pétrole et du gaz”, ajoute-t-il. “Nous avons toutes les capacités financières pour être aux commandes (de la transition énergétique) et ne pas être les méchants de l’histoire" ajoute le patron du groupe.
En phase avec le PDG de Shell, Ben van Beurden, Patrick Pouyanné affirme que ce serait une "énorme erreur " d'arrêter illico, la production du pétrole et du gaz sachant qu’ils permettent d'investir dans des technologies vertes.
La production de Total a connu une hausse de 9% l'an dernier, avec des bénéfices de près de 12 milliards de dollars grâce à des investissements majeurs dans le pétrole et le gaz (+ de 90%). Mais récemment le groupe a multiplié ces investissements au Quatar, en Inde et en Espagne dans le secteur des énergies renouvelables.