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Le financement participatif est un mode de financement qui plait aux Français. En 24h, pas moins de 2 800 personnes se sont déclarées prêtes à investir dans l'aéroport de Toulouse Blagnac via la plateforme Wiseed.


Financement participatif de Toulouse Blagnac : un système qui marche
Tout est parti de la décision de l'Etat français de mettre en vente 49,9% du capital de l'aéroport et de la réception de 4 offres d'achat. Il n'en a pas fallu davantage pour que Thierry Merquiol, le président fondateur de la plateforme de financement participatif Wiseed, décide de "Ne pas laisser d'autres s'emparer de cette poule aux oeufs d'or". Il témoignait sur France TV Info : "Quand j'ai vu que l'on bradait des équipements payés par le contribuable au quart du prix d'un Airbus A380, je me suis dit que l'on se moquait du monde. Ou alors que c'était une aubaine et que les contribuables et citoyens que nous sommes tous doivent en profiter en retour sur investissement".
Ce n'est pas 49,9% du capital qui est en vente mais 10,1%, la part nécessaire pour que les citoyens et les collectivités restent majoritaires, sachant que la Métropole, la CCI, la région, et le département détiennent déjà 40 %. L'opération, amorcée le 19 novembre, a très rapidement généré 1 500 intentions d'investissement, pour un montant de 3,8 millions d'euros. Pour autant, "Il faudrait 30 000 souscripteurs avec un ticket moyen de 2 000 euros, ce qui est la moyenne en crowdfunding. Sur toute la France, c'est jouable, mais sans l'effet de levier des ETI et des PME, ça sera compliqué" indique Thierry Merquiol.
 
Le succès de cette opération montre une nouvelle fois que le crowdfunding, en France n'est pas qu'un phénomène conjoncturel mais bien une tendance de fond dans la vie économique du pays. Les plateformes numériques dédiées au "financement par la foule" traitent d'innombrables projets et dans tous les secteurs d'activité. Que ce soit pour des petits projets comme le financement de l'écriture d'un livre ou pour des projets d'envergure (le Téléthon en est d'ailleurs un précurseur), les citoyens répondent à l'appel et les montants investis ont doublé en 2014 par rapport à 2013. Selon Les Echos, "66 millions d'euros de financement participatif ont été levés au premier semestre 2014 en France, et 1 million de Français ont prêté ou donné des fonds depuis 2008."
 
Le quotidien mentionnait également que les PME françaises ne tarderont pas à considérer ces plateformes comme moyen de lever des fonds "même si le passage par les plateformes leur coûtera, dans la plupart des cas (il existe aussi la possibilité de verser une somme fixe à la plateforme), entre 5 % et 12 % de commission sur le montant des sommes récoltées."