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Les deux opérateurs français ont décidé de mutualiser leur antennes-relais pour redevenir compétitif en face du très offensif Free Mobile


SFR et Bouygues Telecom s’allient pour partager leur infrastructure
Partenariat tardif

De quoi déstabiliser les opérateurs français lorsque Free annonce la4G au prix de la 3G fin 2013. Il suffit de rappeler que Free « loue » l’infrastructure de l’opérateur Orange afin de couvrir la quasi-totalité de l’hexagone. Il s’agit dans ce cadre d’un partenariat commercial où Free dispose d’une marge de manœuvre très intéressante : peu d’investissements par rapport à ses concurrents pour bénéficier d’une couverture très complète et fiable.
Alors, SFR et Bouygues viennent de riposter en mettant en grande partie en commun leur infrastructure. Les antennes-relais qui fleurissent dans des camouflages toujours plus inventifs (faux arbres, fausses cheminées,…) vont donc opérer pour les deux opérateurs. Certaines seront donc en doublon et seront démontées. D’ici 2017, 7000 antennes relais seront démontées.
Agir sur la partie « haut de bilan », à savoir des investissements, revient à utiliser le même processus financier que Free. SFR et Bouygues sont en discussion depuis l’été 2013 en ce qui concerne la mutualisation de leur infrastructure. Il ont vu passer la nouvelle offre de Free, et ce n’est que trois mois plus tard qu’ils réagissent. Au niveau commercial, les répercussions sont évidentes : avec trois mois, la plupart des clients peuvent être captés.
Et il s’agit de consolidation du panel client avec Bouygues qui a annoncé la gratuité de la 4G pour tout abonné Box premium.

Economies financières et écologiques

La mutualisation devrait représenter des économies de l’ordre de 20 à 25% des dépenses. Il s’agit avant tout d’une baisse conséquente du poste de maintenance des antennes.
Par ailleurs, les investissements sont en cours et nous pourront à court terme diminuer. Ce n’est qu’à moyen terme qu’un geyser d’économies lié au non renouvellement de l’infrastructure (puisque démonté) qui pourra rendre réellement le modèle compétitif.
Par ailleurs, et on en parle peu, ce sont les démontages des antennes qui vont abaisser le niveau d’exposition des ondes électromagnétiques. En effet, sur une même parcelle géographique, s’il y a deux fois moins d’antennes il devrait y avoir théoriquement moins d’émission. Cependant, les bandes de fréquence étant spécifique à un opérateur, il faudra soit changer d’antenne pour élargir son spectre d’émission, soit ajouter une antenne pour une bande de fréquence spécifique au second opérateur.
La question se pose à propos de la maturité du marché où la concurrence est très féroce. Déjà en Allemagne, les opérateurs ont été réduits. Il serait ainsi fort opportun de voir le nombre d’opérateurs commerciaux de téléphonie mobile diminuer en France. L’achat potentiel de SFR par Numéricâble pourrait bien actionner la tendance. Ou encore de Bouygues qui est en mesure a priori de racheter SFR. Après les partenariats viendraient les fusions. L’avenir le dira.