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L'innovation est, la clé de la réussite des entreprises, et ce, quel que soit le secteur. Un besoin d'innovation encore plus grand dans les secteurs pharmaceutiques et biotechnologiques, car la R&D et le concept d'open innovation, sont l'essence même de ces industries. Pourtant, les PME innovantes de ces secteurs restent sous représentées, raison pour laquelle l'association l'AFSSI (Association Française des Sociétés de Services et d'Innovation pour les Sciences de la Vie) a récemment été créée.


Le grand défi des PME françaises de services technologiques du secteur pharmaceutique
Des profils de PME innovantes ignorés

La biotechnologie et la pharmacologie regroupent aujourd'hui une multitude de secteurs, dont beaucoup restent sous représentés. Et pour cause, beaucoup d’entreprises exerçant dans ces domaines sont trop petites pour susciter l’intérêt de l’État. Conséquence, les crédits recherche et autres dispositifs de soutien à l'innovation sont majoritairement accordés aux grands groupes industriels, alors que ces derniers n’opèrent que sur quelques segments de marché seulement. Les PME sont ainsi ignorées à cause de leur taille,  alors qu’elles fonctionnent sur des modèles économiques induisant souvent un engagement en R&D plus fort que les grands groupes, et qu’elles interviennent sur davantage de secteurs. De plus, le marché des biotechnologies s’est considérablement diversifié au cours des dernières années, et des PME aux profils différents ont fait leur apparition. Des profils dont les modèles économiques sont basés autant sur les services que les technologies en elles-mêmes, ce qui écarte davantage ces PME de la possibilité d’obtenir des subventions, car elles n’appartiennent à aucun secteur existant. Il en résulte que les services technologiques qu’elles proposent, qui peuvent aussi bien être le diagnostic des thérapies cancéreuses, que la validation, ou encore l'évaluation ne sont pas reconnues par les pouvoirs publics. Des services également non reconnus par les principaux défenseurs des secteurs pharmaceutiques et biotechnologiques que sont, France Biotech (Association des sociétés de biotechnologie), et le syndicat Leem (syndicat des entreprises du médicament). Pourtant, les entreprises au modèle économique mixte (technologies et services) sont nombreuses, raison pour laquelle l’AFSSI a été créé pour les représenter.

Création de l’AFSSI

Étant sous représentées, les PME de service technologiques du secteur pharmaceutique et biotechnologique ont décidé de se regrouper au sein d’une association : l’AFSSI. En se regroupant ainsi, ces PME font le pari d’un développement basé sur l’innovation et la durabilité. Elles estiment pour la plupart que l’innovation est la clé de nouvelles solutions thérapeutiques et donc une nécessité pour l’industrie pharmaceutique. À travers l’Association Française des Sociétés de Services et d'Innovation pour les Sciences de la Vie, elles veulent désormais faire valoir leur existence face aux géants du médicament et des biotechnologies, et se faire entendre par les pouvoirs publics. À la tête de cette nouvelle association : le président-directeur général de la société Oncodesign, Philippe Genne, un sérial entrepreneur reconnu dans les domaines pharmaceutiques et biotechnologiques. Ce dernier, explique que 300 entreprises au profil « services-technologies » ont déjà été répertoriées, et ces dernières représentent 834 millions d’euros de chiffre d’affaires. Elles emploient également quelque 9400 personnes à travers l’hexagone, et leur potentiel de croissance est immense. Il était donc impératif de regrouper ces PME pour mettre en évidence leur importance, et pour faire entendre leurs revendications. Chacune dans leur coin, ces PME n’attiraient pas l’attention de l’État, mais ensemble, le rôle qu’elles ont à jouer sur les marchés pharmaceutiques et biotechnologiques apparait évident.

Favoriser le rôle des PME

Permettre aux PME innovantes avec des profils différents d'être entendues et considérées par le gouvernement est l'un des principaux objectifs de l’AFSSI. En effet, ces entreprises ont un grand rôle à jouer dans l’avenir de la pharmacologie et des biotechnologies, mais elles ne peuvent jouer leur rôle sans le soutien de l’état et la mise en place de partenariat avec les géants des secteurs pharmaceutiques et biotechnologiques. L’AFSSI ambitionne donc d'imposer un pacte PME aux grands industriels, l’objectif étant de privilégier le concept d'open innovation pour accélérer les processus R&D, et d'élargir les retombés des projets aboutissant à une commercialisation. Le président de l'association, Philippe Genne, explique que les entreprises représentées par l’AFSSI ne veulent pas concurrencer les grands groupes, mais simplement être reconnues comme des partenaires de qualités. Leurs profils empêchent d’ailleurs toute forme de concurrence, car c’est essentiellement sur les services technologiques que des partenariats fructueux pourraient voir le jour. Des partenariats qui ne se limiteraient pas au rachat de centres de recherches de PME par des multinationales, mais qui prendraient forme par de véritables échanges en R&D. Des types de partenariats à l’image de celui qui a récemment été signé entre Sanofi et Oncodesign.

Oncodesign et Sanofi mutualisent leurs efforts en R&D

Grâce à ces services d'évaluation en oncologie, et son savoir-faire en chimie médicinale, la société Oncodesign est un acteur reconnu du milieu pharmaceutique. La société est spécialisée dans la découverte de nouveaux médicaments, et dispose d’un savoir-faire inégalé, à l’image de sa technologie Nanocyclix (R) qui permet d’obtenir des inhibiteurs de kinases très sélectifs et performants. Le géant Sanofi, qui travail également sur des programmes ciblant les kinases avait donc tout intérêt à s’allier à Oncodesign pour profiter de la technologie Nanocyclix (R). Oncodesign et Sanofi ont donc signé un accord dans le but d'accroître l'efficacité de certains programmes de recherche de Sanofi, mais aussi dans le but d'améliorer rapidement les propriétés pharmacocinétiques des composés Nanocyclix (R), dans les futurs médicaments de l’industriel pharmaceutique. Du côté de Sanofi, la sélection admise par la technologie Nanocyclix (R) pour les kinases, représente un avantage concurrentiel, car la technologie Nanocyclix (R) est la plus avancée, permettant au géant du médicament d’avoir quelques longueurs d’avance sur ses concurrents. Et du côté d’Oncodesign ce partenariat lui permettra d’assoir sa notoriété, et de se développer davantage comme fournisseurs technologiques. Concrètement, Sanofi pourra améliorer ses processus R&D en sélectionnant plus rapidement les médicaments candidats à la commercialisation, alors qu’Oncodesign pourra profiter, en plus d'un droit d'accès à sa technologie, de rétrocessions sur les ventes en cas de commercialisation, mais aussi de paiements à diverses étapes de découvertes. De quoi permettre aux deux protagonistes de se développer de manière pérenne, et dans le profit mutuel de l’innovation.