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Prendre des décisions à plusieurs peut présenter des difficultés humaines, tant de frustration que d’incompréhension. Il s’agit d’un pas incontestable dans la maturité d’une entreprise qui se veut travailler en mode collaboratif. Cette forme de prise de décision n’est pourtant pas naturelle et demande une fluidité à la fois sociale et comportementale de chacun.


Quelle place dans l’entreprise pour la décision collective ?
Une histoire d’identité

La compétence d’un collectif revient à donner une homogénéité de groupe à chaque individu qui détient une part du pouvoir de décision. Les influences de chacun des membres s’insèrent dans la compétence collective du groupe et dans la prise de décision. Ces influences revêtent un caractère stratégique primordial pour la bonne marche et la performance de l’entreprise. Chaque individu du groupe de décision doit pouvoir s’exprimer avec sa propre identité et sans masque, auquel cas la qualité de la décision collective sera entachée.
De la décision cognitive à la décision sociale

La prise de décision fait partie de notre quotidien, qu’elle soit individuelle ou collective. Les résultats sont heureux ou malheureux du fait de choix à appliquer. La prise de décision mérite donc dans tous les cas de réfléchir, pas assez ou trop ? En tous les cas, aucune décision n’est prise sans un minimum de réflexion cognitive. Et la conséquence sociale est donc là, par l’application. Et dans ce cadre, la décision collective anticipe l’effet social. On peut donc parler de décision sociale, car le collectif diversifié peut appréhender par ses diverses perceptions les conséquences d’une application de telle ou telle décision. C’est à la fois le cas pour les décisions dans la vie de tous les jours et pour l’univers professionnel.
Tout porte à croire que la diversité d’un groupe maximise la potentialité de prendre les meilleures décisions sociales. La décision individuelle davantage cognitive ne se projette que très peu dans les préoccupations sociales.
 
 
La résignation du décideur individuel

L’approche individuelle de la décision relève souvent d’un vœu personnel. Dans le monde de l’entreprise, le décideur individuel va habituellement favoriser ses gains, qu’ils soient matériels, d’exposition personnelle, de notoriété. C’est justement ce qui permet bien souvent d’imposer un point de vue qui s’avère être le plus « payant » pour tous, mais qu’il est avant tout pour l’individu qui prend la décision.
En conséquence, les décideurs qui ne font à plus partie de la décision un moment donné peuvent porter un jugement qui va démériter le décideur unique. Le fonctionnement optimal de l’entreprise peut s’en trouver affecté de manière durable.

Consensus apparent

Ressortir une proposition qui a vocation à rassembler les avis des uns et des autres semble une vertu collective consensuelle. Et pourtant, une fois qu’une affirmation est affirmée, le comportement du groupe est caractéristique : quelques-uns adhèrent, la plupart se taisent. À ce moment-là, la décision est prise. La proposition « projet » devient décision « entérinée », tout simplement parce qu’elle n’a pas fait l’objet d’une contestation.
Le consensus apparent quant à lui, permet une très forte « délégation de jugement de certains participants vers les autres » selon Philippe Urfalino, socioloque et politologue, directeur de recherches au CNRS. L’absence de réaction d‘un groupe d’individus peut venir de la non maîtrise d’un sujet (on laisse s’exprimer les experts), ou encore par un esprit encore dubitatif qui questionne encore (principe du décideur non encore convaincu).
 

Alors avec tout cela, il n’est pas facile de prendre une décision collective, et il paraît dangereux de prendre une décision seule. Finalement, tout relève de la cohésion d’un groupe de décideurs, de leur bonne entente tout en étant ferme et ouvert. Les décisions les plus rapides sont sans doute les meilleures dès lors que le dialogue participatif de chacun des décideurs est à un niveau élevé. Donc, pour prendre des bonnes décisions, la carte de la franchise sans peur ni obstacle s’avère de rigueur. Il s’agit sans doute d’une des clefs du succès des entreprises collaboratives de demain.